À mon cabinet

Psychanalyste et psychologue clinicien (Université Paris 7 - Paris Diderot, avec une spécialité en psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent), j'ai travaillé en hôpital de jour à Paris et à mon cabinet à Montrouge*, où j'ai reçu aussi bien des adultes que des enfants ou des adolescents.
De septembre 2016 à août 2017, je suis pensionnaire de la Villa Médicis, à Rome, pour y écrire un livre. Cela signifie que mes activités cliniques sont suspendues jusqu'en septembre 2017.

La plupart des thérapeutes présents en ligne détaillent une liste de situations difficiles, à base d'expressions passées dans le langage courant (de la "phobie scolaire" à la "dépression", en général, pour que chacun y trouve opportunément ce qu'il est venu chercher), à quoi ils viendraient remédier grâce à leur savoir. Je préfère, de mon côté, ne préjuger de rien ; d'une part parce qu'il existe des douleurs "sans nom", d'autre part parce que je ne propose pas de solution toute faite ou "prête-à-guérir". Les symptômes de chacun ont une fonction souvent essentielle, à défaut d'avoir un sens immédiatement accessible à celui qui en souffre, et c'est en repérant ce qui a contribué à leur formation qu'on peut éventuellement les transformer.
Ce travail s'appuie tout autant sur les éléments de l'histoire du patient que sur sa parole ou bien encore sur la relation qu'il noue avec l'analyste. Ceci vaut pour les adultes autant que pour les adolescents ou les enfants ; simplement, l'analyste adapte en fonction de chacun la manière de travailler ensemble. Je peux par exemple avoir recours, avec certains enfants intimidés par la confrontation directe à ce qui les anime, à des médiations comme le dessin, les jeux avec figurines, les Kapla, les contes, etc.

Quand je parle de ce qui se passe dans la relation entre le patient et l'analyste, je fais référence à des émotions : colère, tristesse, joie, peur, amour ou haine, entre autres – émotions qui se manifestent aussi bien chez le patient que, par écho ou en réaction, dans l'esprit de l'analyste. Ce sont elles qui nous guident, au-delà de la simple analyse du discours du patient (j'insiste sur ce point), vers une meilleure appréhension de la façon dont il s'organise psychiquement pour vivre ce qu'il vit. Une partie importante du travail psychanalytique consiste à penser ces émotions, c'est-à-dire à voir et à entendre ce qu'elles nous racontent : exactement comme s'il s'agissait d'histoires jusqu'à présent jamais écrites mais qui demandaient à l'être et qui, faute de pouvoir exister, faute de pouvoir être construites par le patient, agissaient en ordre dispersé, incompréhensible, et douloureux.

On me demande souvent ce qu'on peut attendre d'un tel travail à deux, voire à plusieurs quand la situation implique que différents membres d'une famille soient reçus. "Qu'est-ce que ça m'apporte au quotidien ? Pourquoi j'irais voir un analyste une, deux ou même trois fois par semaine ?" Freud avait une réponse simple : il estimait que la finalité de l'analyse était de permettre à chacun de mieux aimer et de mieux travailler. Pourquoi pas ? Mais en ménageant peut-être davantage de possibilités (pourquoi forcément aimer ou travailler ?), je crois surtout qu'un travail psychothérapique doit permettre à celui ou celle qui s'y engage de se sentir plus libre, de s'approcher au plus près de ce qui le constitue intimement, quoi qu'il lui arrive, et quel que soit son âge.



* Mon numéro ADELI (attestant d'un enregistrement auprès de l'Agence Régionale de Santé) est le 92 93 1930 9.
** Le dessin ci-dessus est l'oeuvre de François Matton.

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